Être patients avec nos enfants

juin 07, 2015

Dans le monde actuel, nous sommes  impatients, il nous faut avoir tout et tout de suite. Dés qu’apparait une envie, il nous presse  de la satisfaire. Et bien sûr, nous dupliquons ce phénomène sur nos enfants. Nous formulons des désirs, extrapolons sur leur avenir. Nous craignons de ne pas être dans la norme si notre enfant ne suit pas le même développement que les autres. Nourrir des rêves heureux pour nos enfants ne doit certainement pas être perçu comme un sujet de culpabilité. Vous pensez sûrement qu’il est difficile de jouer un rôle éducatif dans ce monde en mouvement perpétuel et vous avez raison. Et si la patience pouvait être une qualité importante au cœur de la parentalité. A travers des clés pratiques, je vous invite à mieux comprendre comment développer la patience avec nos enfants.

 

enfant parent

  • 1 ére clé : Observer son enfant

C’est difficile de ne rien faire surtout lorsqu’on a une vie trépidante, répartie  entre la vie professionnelle et la vie de famille ainsi que les tâches ménagères. Et si on tentait l’expérience de s’asseoir pas loin de notre enfant et de lui porter un regard bienveillant. Regarder son enfant, voir comment il évolue, se concentre, se développe. En prenant conscience des préoccupations de nos enfants tout en les observant, nous pouvons apprendre beaucoup d’éléments importants qui nous permettrons de mieux les comprendre. Pour acquérir de la patience, une des clé primordiale est de jouer le rôle de parents détectives.

-stop à l’action, place à l’observation.
-mieux connaître son enfant.
-parents détectives.

Respirer peut nous permettre de nous concentrer sur nos émotions et de les vivre pleinement. Comment nous sentons-nous lorsque notre enfant est en colère? Nous avons le souffle court. Prendre le temps de respirer nous permet alors de nous reconnecter avec nous-mêmes. Être maître de soi-même et accepter ses émotions va nous permettre de développer de la patience à l’égard de nos enfants mais aussi envers nous-même. Respirez en  ressentant l’amour que vous avez pour votre enfant, développez votre altruisme en pensant à un tout petit bébé qui a besoin d’être pris dans les bras. En utilisant cette technique, vous allez apprendre à mieux vous connaître et  à réagir en étant moins absorbé par le flot de l’action.

  • Accepter et vivre ses émotions.
  • Ressentir l’altruisme et l’amour altruiste.
  • Se reconnecter avec soi-même au lieu de se déconnecter de soi-même.

mains

  • 3 ème clé : l’imperfection

Souvent, en tant que parents, on s’impatiente. Au moment de partir, le petit dernier qui a toujours la tête dans les étoiles n’a pas pris son bonnet. Or dehors le temps est glacial.  Ce n’est pas évident de s’organiser au quotidien. Les enfants ont besoin de temps pour apprendre à faire certaines actions et il faut les leurs montrer doucement et de manière répétitive.  Nous avons acquis des automatismes en tant qu’adultes mais nos enfants sont encore en phase d’apprentissage; cela nous ne devons jamais l’oublier. La notion de temps est bien peu palpable, demeure très abstraite et par conséquent difficile à appréhender pour les enfants. Acceptons l’imperfection comme si elle était un cadeau pour nous aider à lâcher prise; le stress ne nous aidera certainement  pas à avancer.

  • Anticiper les besoins des enfants et se préparer à l’avance.
  • Favoriser l’apprentissage hors de son contexte.
  • Lâcher prise diminue le stress.

Les études en neurosciences affectives et cognitives nous donnent des clés fondamentales pour mieux comprendre le développement de l’enfant .Cet apprentissage est fondamental pour accroître notre niveau de patience. En comprenant le développement de l’enfant cela nous permettra de transformer notre vision de l’éducation, une éducation nouvelle et créative qui vous conduira vers  une vie de famille plus épanouie et plus sereine.
La communication est un outil fondamental pour l’enfant; d’où l’importance de satisfaire les besoins de l’enfant mais pas toujours les désirs.

imperfection

J’aimerais vous donner un exemple de situation concrète que nous décrit Françoise Dolto dans son livre Tout est langage :

Je veux encore illustrer : satisfaire le besoin mais non toujours le désir.

  • Par exemple, un enfant réclame des bonbons.

Il demande un bonbon pour le plaisir qu’on s’occupe de lui, pour qu’on lui parle, qu’on lui montre qu’on l’aime. C’est très intéressant de voir que, si on dit à l’enfant : « Ah bien, oui, comment il serait le bonbon? Il serait rouge? » On discute avec l’enfant. On se met à parler pendant une demi-heure, on parle du goût du bonbon, selon sa couleur rouge, ou bonbon vert; on peut même dessiner des bonbons. L’enfant oublie que c’est un bonbon qu’il voulait manger. Mais quelle bonne conversation autour des bonbons! Quel bon moment on a passé.
C’est cela : il vient vous demander quelque chose; il veut obtenir quelque chose, il veut en parler. Constatez comme il peut être  intéressant en promenade d’aller devant une vitrine avec un enfant. Ne le tirez pas par le bras pour l’empêcher de regarder de peur qu’il ne vous demande de vous exécuter en achetant le jouet convoité. Laissez votre enfant regarder, parler de ce jouet. Laissez-le jouer à s’offrir des cadeaux en imagination. Laissez-vous glisser dans ce bain culturel avec délice et entraînez-y votre enfant. Vous lui donnerez ainsi une magnifique preuve d’amour.
L’enfant dit « Ah, je voudrais bien avoir ce camion. » La maman répond « Ah, non, ce n’est pas possible, je n’ai pas d’argent. » Vite, vite, ne regardons pas. Elle ne veut pas qu’il soit tenté alors que c’est cela vivre, c’est mettre des mots sur ce qui nous tente et d’en parler. « Ce camion-là, tu trouves qu’il est bien? »
– Ah, oui.
– Qu’est-ce qu’il y a de bien?
– Il a des roues rouges.
– Oui, c’est bien, mais les roues rouges, cela peut ne pas rouler aussi. Ce n’est pas une image, un camion, il faut que cela roule. On va rentrer dans le magasin, tu vas le toucher, on va le regarder aujourd’hui, je n’ai pas d’argent pour le payer.
– Si, si, si.
– Je ne l’ai pas, c’est comme ça, si tu préfères on ne va pas entrer pour le voir de près et le toucher. Si, si…
Quand l’enfant voit que la mère est décidée : « mais, on va en parler, etc. », il s’apaise. Ce dont il a besoin, c’est de communiquer dans le désir du camion, dans l’espérance et que la mère valorise son désir. Il faut toujours justifier le désir d’un enfant, toujours, toujours, toujours. « Ce n’est pas possible à réaliser, mais tu as tout à fait raison de le désirer. »
Depuis que le monde est monde, il y a des idiots qui veulent la lune, mais s’il n’y avait pas eu des idiots qui voulaient aller sur la lune, on n’y serait jamais allé. »
-apprendre le développement de l’enfant
-adopter une éducation créative qui répond au développement de l’enfant.
-satisfaire le besoin et non le désir . »

désirs besoins
J’aimerais finir cet article en vous proposant une pensée de Janusz Korczak :

Vous dites :
C’est fatiguant de fréquenter les enfants.
Vous avez raison.
Vous ajoutez :
Parce qu’il faut se baisser, s’incliner,
Se courber,
Se faire tout petit.
Là, vous avez tort,
Ce n’est pas cela qui fatigue le plus,
C’est le fait d’être obligé de s’élever,
De se mettre sur la pointe des pieds,
Jusqu’à la hauteur de leurs sentiments,
Pour ne pas les blesser.

Alors allons-y, élevons-nous à la hauteur de l’enfant et engageons-nous dans une relation harmonieuse avec nos enfants en développant notre patience et notre imperfection.

à la hauteur de l'enfant.

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