journée de la non violence éducative

avril 29, 2015

 

 

 

 

Une loi contre la fessée:

Aujourd’hui, journée de la non violence éducative, je voulais apporter ma vision de l’éducation actuelle. Plusieurs pays européens ont adopté une loi contre les châtiments corporels et la fessé notamment. Qu’en est-il en France? Nous n’avons pas de loi; récemment le Conseil de l’Ordre nous a invectivé vertement au sujet de cette loi. Les français ne sont pas, pour grande majorité, favorables à cette loi. La ministre actuellement responsable de la famille ne souhaite pas diviser la France et est par conséquent défavorable à légifération de cette loi. Mais de quoi la France a-t- elle besoin? D’un renouveau, d’un changement dans les habitudes éducatives déjà instaurées.

L’enfant a de mauvais penchants, il faut le punir, le fesser, le corriger; tous ces aprioris sont actuellement désuets, comme le démontrent les dernières et récentes recherches sur les neurosciences affectives.

Au delà de cette loi, il y a également d’autres moyens qui devront être mis en place pour faire changer les consciences, former le personnel éducatif aux neurosciences affectives, à une éducation bienveillante.

Beaucoup de parents ne savent pas comment avoir une attitude autre qu’utiliser la punition. Un soutien à la parentalité pourrait être bénéfique dans certains cas. Edwige Antier a d’ailleurs proposé une loi à ajouter au code civil. Cette loi concernerait l’abolition des châtiments corporels. Les parents ne seraient pas sanctionnés mais pourraient bénéficier d’un accompagnement à la parentalité. Cela participerait activement à la lutte contre la non violence.

La France ne respecte pas la charte sociale européenne car il n’y a aucune législation claire en ce qui concerne les châtiments corporels, contrairement à la majorité des pays européens.

«Fesser : « ce n’est pas un geste éducatif», dit Edwige Antier.

Dans le même état d’esprit, je pense qu’un éducateur doit être bienveillant afin qu’il soit un support affectif pour l’enfant.L’accueil des émotions ainsi que la prise en compte des besoins de l’enfant est essentiel pour un bon développement du cerveau de celui-ci. L’éducateur a le devoir d’apprendre progressivement les lois et les codes de la société à l’enfant en montrant l’exemple. Cet apprentissage ne doit en aucun cas être fait dans la violence.

Si on éduque l’enfant dans la non violence, il sera plus conscient de lui-même, plus coopératif, plus altruiste. Dans quelle société voulons-nous vivre ? Il s’agit de nous questionner et de prendre conscience qu’un changement éducatif s’impose.

 

L’éducation: le point de vue de la science:

science

Qu’est-ce qui a été prouvé par les scientifiques en ce qui concerne l’éducation que l’enfant reçoit? Les chercheurs américains ont mené des études très poussées en ce qui concerne les neurosciences.

Allan Schore, chercheur à l’université à Los Angeles nous dit que les parents aimants, accueillants les émotions de leurs enfants contribuent au développement normal du cortex orbito frontal du cerveau qui agit sur les prises de décisions. Joan Luby, chercheur à Saint-Louis du Missouri démontre qu’une éducation empathique augmente le volume de l’hippocampe, siège de la mémoire.

Michael Meaney, chercheur à Montréal prouve que le stress agit négativement sur les facultés cognitives (apprentissage,mémoire…) Lorsque les cris, les menaces se heurtent aux enfants, il est important de noter que c’ est le bon développement de leur cerveau qui est en jeu. L’ocytocine, hormone du bien-être favorise l’empathie et incite l’enfant à gérer ses émotions au fur et à mesure.

Martin Teicher, chercheur à Harvard apporte une preuve scientifique en ce qui concerne la maltraitance verbale : humiliations, cris, menaces, chantage, punitions; en effet, elle diminuerait le volume de l’hippocampe. L’hippocampe est situé dans le cerveau. Celui-ci est en jeu dans l’apprentissage car lié à la mémoire. Le stress affaiblit la mémoire. En conséquence, lorsque le taux de cortisol est trop élevé chez l’enfant, celui-ci ne pourra pas apprendre correctement.

D’autre part, les recherches sur les neurones miroirs nous disent que lorsqu’une personne effectue une action, la personne qui la regarde active les mêmes zones dans le cerveau que celui qui agit.Les parents doivent donc donner l’exemple quant à la gestion des émotions. L’enfant observe la réaction des parents lorsqu’ ils sont en colère par exemple.

Un entourage empathique, soutenant et aimant contribue à l’évolution et la maturation du cerveau. Ce que disent les chercheurs: Les conséquences de parents qui crient, profèrent des paroles humiliantes, des punitions corporelles, des menaces envers l’enfant, provoquent un stress important chez lui. Les conséquences sont les suivantes :

-destruction des neurones de l’enfant dans des structures cérébrales importantes pour lui.

-Le blocage de la production de l’ocytocyne (molécule de l’amour : qui apaise, détend et rend empathique.)

-Le cerveau de l’enfant ne se développera pas correctement. Si il n’est pas accueilli et qu’on ne l’aide pas à mettre des mots sur les émotions qu’il ressent, il n’aura ni une bonne connaissance, ni une bonne conscience de lui-même.

Selon les dernières études des neurosciences affectives, nous ne pouvons plus dire avec certitude que l’éducation doit être une lutte entre le parent et l’enfant, ce doit être un échange respectueux des besoins de l’enfant et de l’immaturité du cerveau de celui-ci. Il ne peut faire face à une émotion ni se consoler tout seul jusqu’à 5 ans.

Les émotions de l’enfant:

câlins

Les émotions de l’enfant sont exacerbées et c’est parfois ce pourquoi ils sont punis. Ils sont punis parce qu’ ils font des caprices, se roulent par terre, ont parfois des comportements que nous ne comprenons pas, réagissent très vite et avec une grande amplitude au chagrin qui à notre sens sont de petits chagrins. L’éducation engage l’intellect, l’émotionnel et le corps. Actuellement, l’intellect est prôné, au détriment de l’émotionnel. Les scientifiques nous disent que l’expression des émotions contribue à la connaissance et la conscience de lui-même de l’enfant.

  • Avant 5 ans, l’enfant n’a pas le contrôle des émotions.
  • Au delà de 5 ans, si l’enfant bénéficie d’un entourage qui ne porte pas de jugement et qui accueille ses émotions, il comprendra progressivement la cause de celles-ci.

Les caprices n’existent pas, ce sont les conséquences de l’immaturité normale du cerveau, nous dit Catherine Guegen.Nous pouvons venir en aide à l’enfant en accueillant l’émotion de l’enfant, en le prenant dans nos bras ou en étant une présence silencieuse avec un regard empathique envers lui. Nous pouvons également en dehors de la situation donnée, travailler avec l’enfant de manière ludique sur les émotions et les solutions qui peuvent y être apportées.

  • Rester calme ( respirer)
  • Nommer ce que l’enfant ressent (ex: tu es très en colère…)
  • Prendre l’enfant dans vos bras.
  • Être présent jusqu’à la fin de la résolution de l’émotion.
  • Au delà de 5 ans, après la crise émotionnelle nous pouvons discuter avec l’enfant et en cas de conflit, nous pouvons dialoguer avec lui et trouver ensemble des solutions qui conviendraient à chacun.

Les besoins de l’enfant:

L’isolement et la punition pour un enfant transmettent un sentiment de rejet à l’enfant.

violenceéducative

En général, l’enfant, à travers ses comportements traduit l’expression de besoins profonds, non comblés. Les scanners cérébraux révèlent que la souffrance relationnelle causée par l’isolement, la punition, active les mêmes mécanismes cérébraux que la souffrance physique.

Mais que faire lorsqu’il y a une incompréhension entre les parents et les enfants, parce que nous n’avons pas les mêmes besoins. Les enfants ont besoin d’expériences sensorielles, olfactives, visuelles, auditives, de mouvement, d’autonomie, de soutient affectif.

Les jouets les plus simples les passionnent : surtout les mécanismes au travers desquels les enfants cherchent à comprendre le monde, à faire des expériences. Par exemple: les toupies, les billes… Nous ne comprenons pas forcément les jeux des enfants ou même qu’ils se passionnent pour certaines choses qui nous semblent inutiles. L’ enfant peut observer des fourmis pendant plusieurs minutes.

Si il n’y a pas de danger, donnez à l’enfant la possibilité de réparer ses actes que vous considérez comme bêtises mais qui pour lui ne sont que l’apprentissage logique de l’autonomie (éponge pour l’eau, balais et petite pelle).

Que faire?

  • Observer les enfants.
  • Ne pas intervenir inutilement.
  • Décrypter les besoins de l’enfant L’aider à mettre des mots sur ceux-ci lorsqu’il sont en bas âge.
  • Solutions créatives: Expérimenter ( science) Bricoler, imaginer, créer.
  • Être ensemble ( jeux coopératif, art) Montrer que les vrais héros sont des personnes non violentes, bienveillantes qui font des actes de gentillesse, d’altruisme au quotidien.
  • Humour Coopération (tâches ménagères)
  • Accueil des émotions de l’enfant
  • Apprendre en jouant
  • Autonomie Environnement adapté
  • Chercher les besoins profonds de l’enfant
  • Montrer l’exemple en tant que parents Organiser, anticiper (les sorties par exemple: l’enfant n’a pas le même rythme que nous)
  • Communiquer vos émotions
  • Prendre l’enfant dans vos bras
  • Modifier les attentes des parents
  • Prendre du temps pour soi (respirer) Si il y a danger, agissez en conséquence Discuter (instaurer une table de la paix)
  • Favoriser la réparation des actes
  • Montrer lentement et clairement les fonctions des objets et des jeux.

=> CLIQUEZ POUR LIRE LE MINDMAP SUR LES ALTERNATIVES A LA PUNITION:

alternativesàlapunition


  • Conseils de lectures:

Edwige Antier, L’autorité sans fessées

Olivier Maurel, Oui la nature humaine est bonne.

Alice Miller, C’est pour ton bien

Marshall Rosenberg, Elever nos enfants avec bienveillance : L’approche de la communication non violente.

Catherine Guegen, Pour une enfance heureuse.

Maria Montessori, L’éducation et la paix.


 

  • sites web: 

http://www.oveo.org/

http://www.alice-miller.com/index_fr.php

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Tous les commentaires (2)
  • Anne Maret
    30 avril 2015 at 16 h 27 min

    La maltraitance : sujet tabou en France dans les familles! Quand la France légiférera-t-elle la loi contre la fessée? Nous vivons dans un pays dit : "développé" et pourtant nous autorisons des pratiques de sous-développés! Qui d'entre nous n'a pas écouté la rumeur : "une fessée, ça n'a jamais fait de mal à quiconque!". Nos politiques sont coupables au même titre que les parents qui frappent leurs enfants. Ignorer la maltraitance c'est ignorer "les crimes contre l'humanité". Bravo pour votre engagement et votre combat.

    Répondre
  • F. Huillet
    22 mai 2015 at 11 h 36 min

    Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J'ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Fabienne Huillet www.neonmag.fr

    Répondre

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